

La Golf « méchante »
Il était une fois une VW Golf GTI rouge tout à fait normale. Puis Horag a équipé cette voiture de tous les jours d’un turbocompresseur Schrick, l’a surbaissée et l’a élargie. Le résultat : une GTI enragée – en bref : la méchante Golf.
« Pourquoi as-tu des ailes si larges ? » – « Pour avoir plus d’adhérence. » – « Pourquoi es-tu si rabaissée ? » – « Pour prendre les virages plus vite. » – « Et pourquoi grognes-tu si fort ? » – « Ce n’est pas un grognement. C’est la pression de suralimentation. » Et ce n’est pas un conte de fées, mais la légende du turbo de Thurgovie, la Golf GTI Horag Turbo – la tueuse de 911 par excellence et la reine des courses de côte.

Les fous années 1970

Pas besoin de présenter Horag (Hotz Racing) aux passionnés de sport automobile. Depuis plus de cinq décennies, la famille Hotz fait partie intégrante du monde de la course automobile internationale. Tout a commencé dans les années 1970, une époque débridée où le sport automobile était encore un paradis pour les bricoleurs. Aux côtés des grandes écuries d’usine, de nombreuses équipes privées se sont illustrées : avec un budget modeste, mais d’autant plus de créativité, elles ont mis au point des voitures étonnantes. L’une de ces écuries était Horag (Hotz Racing). Elle a été fondée en 1971 par le pilote et constructeur suisse Markus Hotz, qui a remporté le titre de champion de Suisse en 1975 et 1977. Il s’est également illustré dans les courses d’endurance et a participé en 1979 au championnat Procar au volant d’une BMW M1.
Lista Racing Team

Dans son atelier – d’abord à Baden, aujourd’hui à Sulgen –, de nombreuses voitures de course couronnées de succès ont vu le jour à la demande de clients. Lors de la course de Formule Super V du Grand Prix de Zandvoort en 1973, sur les 37 voitures au départ, neuf étaient des Horag. Dans les années 1970, Horag a notamment fourni et entretenu les voitures de Clay Regazzoni, Herbert Müller, Eugen Strähl et Fredy Lienhard. Hotz entretient d’ailleurs avec le fondateur de Lista une amitié qui remonte à leur jeunesse. Avec Horag, le Lista Racing Team a été pendant des décennies l’une des écuries les plus titrées de Suisse.
De la voiture grand public à la voiture de haut niveau

Au cœur de cet univers imprégné d’essence et d’huile, quelqu’un a dit : « Tiens ma bière un instant. » C’est ainsi qu’en 1979, une véritable sensation a été présentée au Salon de l’automobile de Genève : la « Golf méchante ». La Golf GTI Turbo Horag a transformé cette voiture grand public en une voiture de haut niveau. Alors qu’une Golf GTI de l’époque développait environ 110 ch, la Horag-Turbo délivrait, selon la version, jusqu’à 200 ch sur la piste – pour un poids d’environ 800 kilogrammes. À titre de comparaison : une Porsche 911 SC développait à l’époque 180 ch et pesait plus de 1,1 tonne.
Un turbocompresseur agressif

Le turbocompresseur de Schrick a joué un rôle clé dans cette explosion de puissance. Cette entreprise allemande, connue à l’origine pour ses arbres à cames haute performance, développait également des systèmes turbo destinés à la course automobile. Sur la Golf Horag, le turbo Schrick assurait une pression de suralimentation élevée et, par conséquent, un déploiement de puissance très agressif. Comme c'était typique des moteurs turbocompressés de l'époque, la puissance se déchaînait comme un marteau-pilon dans la plage de régime supérieure – exactement ce dont on a besoin sur les circuits courts et sinueux.

Ce gain de puissance a toutefois nécessité des adaptations importantes : des composants moteur renforcés, un système de refroidissement sophistiqué et un système d'injection réglé avec précision. Le châssis et les freins ont également été revus en conséquence.

Plus large, plus basse, plus rapide
Visuellement, la Golf Horag Turbo n’avait plus que la silhouette en commun avec le modèle de série. Des ailes larges, de grandes prises d’air et une carrosserie extrêmement surbaissée indiquaient clairement qu’il s’agissait là d’une voiture de course sans compromis. Petite, légère, suralimentée par un turbo – et impitoyable. La Horag-Turbo Golf GTI offrait exactement ce dont on a besoin dans les courses de côte : une poussée immédiate, une maniabilité d’une précision chirurgicale et une concentration maximale au volant.

Au total, environ 80 Horag-Turbo Golf GTI ont vu le jour au cours de ces années folles. Beaucoup d’entre elles n’ont pas survécu : elles ont été mises à rude épreuve en course ou ont fini à la casse. On estime qu’il n’en existe plus aujourd’hui qu’une à deux douzaines d’exemplaires. Il en va autrement de la Wolf : on en compte désormais environ 300 exemplaires en Suisse.
Une icône d’une autre époque du sport automobile
Aujourd’hui, les Horag-GTI sont les témoins d’une époque où les constructeurs privés et les petites écuries ont marqué de leur empreinte le sport automobile. La Horag-Turbo Golf incarne parfaitement cette période : une compacte discrète qui, grâce à la technologie turbo, à un grand savoir-faire technique et à une bonne dose d’audace, est devenue une véritable adversaire en course de côte.
Comment fonctionne la Horag-Turbo
La Golf Horag Turbo n’est pas une voiture de route trafiquée, mais un outil de course parfaitement réglé. Les paramètres de réglage sont conçus pour une performance maximale – avec une tolérance d’erreur minimale.
Châssis
Avec un carrossage légèrement négatif (–0,5 degré) et un pincement ouvert (–22 minutes d’angle), la Golf est d’une précision chirurgicale dans les virages. Cela garantit une adhérence exceptionnelle dans les virages – mais la rend nerveuse en ligne droite. Typique des courses de côte : l’agilité prime sur le confort.
Caractéristiques du turbo
Der Ladedruck liegt bei bis zu 0,65 Bar im mittleren Drehzahlbereich und fällt bei hohen Drehzahlen wieder ab. Heisst: maximaler Punch aus der Kurve statt brachialer Endleistung. Genau das, was auf engen Strecken zählt.
Zündung
La pression de suralimentation atteint jusqu’à 0,65 bar à moyen régime et redescend à haut régime. En d’autres termes : un punch maximal à la sortie de virage plutôt qu’une puissance maximale brutale. Exactement ce qui compte sur les circuits étroits.
Allumage
Jusqu’à 32 degrés d’avance à l’allumage sans suralimentation – nettement réduite sous pression. Logique classique du turbo : de la puissance tant que c’est possible. De la sécurité dès que la pression est présente.
Mélange
Avec des valeurs de CO supérieures à 1 %, le moteur tourne délibérément en mélange riche. Cela nuit au rendement, mais protège de la chaleur. Sur les moteurs turbo, c’est une question de survie.
Ce moteur ne pardonne rien. Ne le sollicitez pas avant que l’huile n’ait atteint 80 °C, sous peine de l’endommager. La Horag Turbo n’est pas une voiture de tous les jours, mais un engin de haute performance doté d’un ADN de course.
Texte : Jürg Zentner
Photos : Christian Lienhard (lienhardbildwerke.ch)


