Twisted TRRC

Une déclaration d’amour au Range Rover

Les voitures marquent les esprits. Pour Charles Fawcett, fondateur de Twisted, c’était un Range Rover Classic couleur terre cuite que son père conduisait dans les années 80. Ce « restomod » est désormais disponible en petite série – avec environ 500 ch.

Publié le 22.03.2026

Personne ne comprend mieux Charles Fawcett que moi. La première série de Range Rover m’a moi aussi marqué. Mon père a d’abord conduit un modèle deux portes vert foncé, puis un blanc. Le père de Fawcett avait un modèle couleur terre cuite. La fascination exercée par les premiers Range Rover tenait au fait qu’ils pouvaient faire ce que pratiquement aucune voiture ne maîtrisait à l’époque : la route et le tout-terrain. Pas l’un ou l’autre, mais les deux.

Il suffisait de mettre son clignotant et de gravir la montagne – dans des sièges en velours d’une douceur incomparable, avec de grandes surfaces vitrées qui donnaient l’impression de conduire un restaurant panoramique. La position assise surélevée était à l’époque une révélation. On n’était pas assis dans la voiture, on trônait au-dessus. Et grâce aux montants étroits, on bénéficiait d’une vue d’ensemble que presque personne n’atteint aujourd’hui.

Une dynamique de conduite pleine de caractère

Malheureusement, les premiers Range Rover étaient, en termes de dynamique de conduite… disons : pleins de caractère. La tenue de route rappelait parfois un lièvre en fuite, dans les virages, la carrosserie s’inclinait comme lors d’une demande en mariage, et les freins fonctionnaient davantage en théorie qu’en pratique. Les vents latéraux devenaient un véritable événement. Et manœuvrer sans direction assistée revenait à un abonnement gratuit à la salle de sport.

En revanche, le V8 Rover avait un son fantastique – un grondement grave et authentique. Il exigeait toutefois de nombreux changements de vitesse sur une boîte qui ne répondait pas toujours avec le même enthousiasme. À cela s’ajoutaient les classiques : taches d’huile, rouille sur le hayon, surprises électriques et jeux de carrosserie qui menaient leur propre vie. En bref : le Range Rover était une voiture géniale – mais malheureusement pas génialement réalisée. C'est exactement là qu'intervient Charles Fawcett.

Un projet qui lui tient à cœur

Le TRRC de Twisted est un projet qui lui tient à cœur. Fawcett construit le Range Rover qui n'a jamais existé – mais qui aurait dû exister. Depuis plus de 20 ans, Twisted est considéré comme l'un des principaux spécialistes des restomods Land Rover. Peu avant que Land Rover n'arrête la production du modèle d'origine, Fawcett s'est procuré 240 Defender flambant neufs pour 7,5 millions de livres sterling. Ce pari a posé les bases de tout ce que Twisted est aujourd'hui.

Le TRRC repose sur un Range Rover Classic à deux portes. Le châssis est entièrement démonté, puis remonté ; la carrosserie en aluminium est révisée ou refabriquée, chaque panneau étant ajusté individuellement. Et même les jeux entre les pièces sont d’une précision chirurgicale, promet Fawcett. L’avant reprend le langage stylistique épuré des années 70, tandis que des détails tels que la calandre et les phares rappellent subtilement les étapes évolutives ultérieures. Rétro – mais sans le kitsch nostalgique.

500 ch en costume de tweed

Sous le capot, ce n’est pas un gentleman britannique qui trône, mais un Américain : un V8 de 6,2 litres de GM (LT1), développant environ 500 ch selon la version. Une rupture de style ? Peut-être. Mais une rupture judicieuse. Le moteur offre exactement ce qui manquait souvent à l’original : de la puissance dès les bas régimes, de la souveraineté – et de la fiabilité. À cela s’ajoutent une boîte automatique moderne à huit rapports, des freins performants avec des étriers à six pistons à l’avant et un châssis entièrement recalibré. Pas axé sur la sportivité, mais sur ce que le Range Rover a toujours voulu être : supérieur.

Du cuir plutôt que du lifestyle

À l’intérieur, l’architecture reste familière, mais la finition joue dans une autre catégorie. Les sièges sont positionnés plus bas pour optimiser la ligne de visibilité, le cuir recouvre pratiquement toutes les surfaces, l’insonorisation a été considérablement améliorée. Un système d’infodivertissement discret au format Single-DIN offre des fonctionnalités modernes sans surcharger visuellement l’habitacle. La climatisation a également été revue – un détail qui manquait cruellement à l’original.

400 000 dollars pour une sensation

Le prix : environ 350 000 livres sterling. La production : douze véhicules maximum par an. Et désolé – ils sont déjà tous réservés depuis longtemps. Le Range Rover original était en avance sur son temps. Le Twisted TRRC est la perfection tardive.

Texte : Jürg Zentner

Photos : Twisted

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